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Correction du DS1

Correction du contrôle de lecture sur Lorenzaccio (les pages renvoient à l’édition GF)

1)   Ceux qui gouvernent Florence sont :

–      Alexandre de Médicis : le duc « bâtard » mais issu de la branche aînée des Médicis (note 1 p. 61), fils dune fille de salle et de Laurent II ou du Pape Clément VII. Mais Alexandre n’est pas le seul maître de Florence (I,4, p. 56)

–      Le pape Paul III (qui a succédé à Clément VII) et Charles Quint (couronné empereur en 1530 par Clément VII), imposent leur politique au duc. L’Empereur introduit aussi la garnison allemande dans la ville.

2)   Différentes classes sociales sont représentées dans la pièce dans le but de donner une image complète de la société (cf didascalie initiale) :

-       les aristocrates composés des Médicis, des grandes familles florentines (les Salviati, Pazzi…) mais aussi des Républicains (les Strozzi)

-       le clergé : les cardinaux Cibo et Valori

-       le peuple, surtout représenté par les bourgeois (les marchands, Venturi, Maffio…), les étudiants, les bannis (1 seul personnage à la fin de la scène 6 de l’acte I), les soldats, les précepteurs…

3)   Les personnages qui incarnent le pouvoir religieux sont :

-       le cardinal Baccio Valori, commissaire apostolique du pape ; il est donc l’envoyé officiel du pape, il vient notamment réclamer Lorenzo à la scène 4 de l’acte I. Valori représente « le seul prêtre honnête homme ».

-       le cardinal Cibo est le représentant officieux du pape (ceci apparaît clairement dans l’acte V, c’est lui qui impose Côme) ; il incarne la corruption de l’Église.

N.B. Le prieur Léon Strozzi n’est pas un prêtre, comme pourrait le laisser entendre la scène 5 de l’acte I, c’est un responsable administratif (didascalie initiale) ; Musset commet ici une petite erreur (voir note 2 p. 68)

4)   La ville de Florence est à la fois le cadre de l’action et un personnage à part entière ; ses habitants ont en effet l’habitude de la personnifier ; on peut distinguer deux types de représentations :

-       une représentation positive : l’orfèvre  évoque le passé le passé glorieux de la ville à travers la métaphore architecturale (« une bonne maison bien bâtie » I,2 p. 45) ; le peintre Tebaldeo, élève de Raphaël, la considère comme une « mère » qu’il aime (II,2); la Marquise Cibo admire sa beauté (II,3 p. 95).

-       une représentation négative : à l’inverse, les bannis l’insultent (« peste de l’Italie » - cette métaphore de la maladie associée à une ville peut d’ailleurs être rapproché de Thèbes dans Œdipe roi – « la bâtarde », « mère stérile »… I,6) ; Lorenzo la considère comme « une catin » (II,2 p. 85)

5)   Dans l’acte I, Lorenzo offre le visage d’un jeune débauché, lâche et frêle que le duc présente comme une femme ; il offre toujours un visage triste et n’est même plus beau pour sa mère ; mais il apparaît aussi comme un provocateur susceptible d’être dangereux (« le mutilateur de l’arc de Constantin » I,4, p. 59)

6)   Sa fonction auprès du duc est à la fois celle d’un ruffian, d’un entremetteur (I, 1 ; I,4…), et celle d’un espion auprès des Républicains (I,4 p. 59).

7)   Dans les trois premiers actes, de nombreux indices permettent au lecteur de deviner les intentions profondes de Lorenzo :

-       Acte I,4 : le Cardinal Cibo ne croit pas à l’évanouissement ni à la lâcheté de Lorenzo (voir son aparté); ce sera aussi le cas de son oncle Bindo qui l’a vu « faire ses armes à Rome » (II,4, p. 99)

-       Acte I,4 : le portrait de Lorenzo avant son arrivée à Rome le présente comme un agitateur, un provocateur, un athée capable d’actes violents : « le mutilateur de l’arc de Constantin » (p. 59)

-       Acte I,6 : Sa mère évoque le passé de Lorenzo, étudiant studieux, plongé dans les livres, se nourrissant d’exemples vertueux (il est possible qu’il masque cet  idéal par sa conduite débauchée)

-       Acte II,6 : Lorenzo vole la cotte de maille du duc et la jette dans le puits, Giomo qui l’observe s’inquiète de son comportement.

-       Acte III,1 : il s’entraîne à des exercices de lutte, dans sa chambre, avec Soronconcolo, afin d’endormir la méfiance de ses voisins.

-       Acte III, 3 : il révèle à Philippe Strozzi son projet d’assassiner le duc

-       Acte III,4 : En lisant la lettre d’Alexandre adressée à Catherine, Marie, comprend que son fils est l’entremetteur du duc (le lecteur peut comprendre que Lorenzo utilise Catherine comme un appât)

8)   Trois intrigues sont mêlées dans la pièce ; elles sont toutes politiques :

-       l’intrigue principale tourne autour du projet d’assassinat du duc par Lorenzo.

-       Une première intrigue secondaire est centrée autour de Philippe Strozzi et de sa famille : chef des Républicains, il veut libérer Florence de la tyrannie.

-       La seconde intrigue secondaire est centrée autour de la marquise Cibo qui, en séduisant le duc, veut changer sa conduite et le rendre vertueux.

9)   Au cinquième acte :

-       l’entourage du duc apprend sa mort et trouve un successeur ;

-       le couple Cibo est réconcilié ;

-       la révolte des étudiants est étouffée ;

-       Lorenzo, qui a rejoint Philippe Strozzi à Venise est assassiné par la foule ;

-       Le Cardinal Cibo remet à Côme le pouvoir.

Musset montre que tout recommence comme avant et que l’acte de Lorenzo n’a servi à rien. Cette construction circulaire de la pièce illustre le profond pessimisme de Musset quant à l’action politique, notamment sa désillusion suite aux événements de 1830 en France.

10)                  Voir cours et commentaires sur le BLOG.

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